Seuls
Cela pourrait être n’importe qui et c’est bien là la douleur. Et c’est comme pour tout le monde qui, se réveillant chaque matin et se regardant dans la glace, pense : « cela pourrait être n’importe qui ». Et la vie, comme une énigme, joyeuse ou malheureuse, la vie engluée dans un temps trop linéaire, comme une flèche. Cela pourrait être n’importe qui. Il pourrait s’appeler n’importe comment. C’est ce que, du moins, il pense, lorsqu’on lui demande son prénom : « comment vous appelez-vous ? »
- Je m’appelle Harwan, mais ça n’a aucune importance et je pourrais bien m’appeler n’importe comment, comme n’importe qui. C’est comme ça.
Ce n’est rien. Harwan, un étudiant montréalais d’une trentaine d’année, sur le point de soutenir sa thèse, se retrouve, suite à une série d’événements profondément banals, enfermé une nuit durant dans une des salles du Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg. La nuit sera longue. Elle durera plus de deux mille ans et l’entraînera, sans qu’il ne puisse s’en douter une seconde, au chevet de sa langue maternelle oubliée il y a longtemps sous les couches profondes de tout ce qu’il y a de multiple en lui.
Je m’appelle Harwan.»
texte, mise en scène et jeu Wajdi Mouawad
dramaturgie, écriture de thèse Charlotte Farcet
conseil artistique François Ismert
assistance à la mise en scène Irène Afker
scénographie Emmanuel Clolus
éclairage Eric Champoux
costumes Isabelle Larivière
réalisation sonore Michel Maurer
musique originale Michael Jon Fink
réalisation vidéo Dominique Daviet
régie générale et plateau Jean Fortunato
régie son Olivier Renet
régie lumière Annabelle Courtaud
régie vidéo Dominique Mank
suivi artistique en tournée Alain Roy
production Arnaud Antolinos
durée 2h
un spectacle de Au Carré de l’hypoténuse, compagnie de création en coproduction avec l’Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie, le Grand T scène conventionnée Loire-Atlantique, le Théâtre 71 scène nationale de Malakoff, la Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale, le Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées, le Théâtre d’Aujourd’hui, Montréal
